L'atelier jeux Gallo-Romains

On jouait en Gaule romaine.

En Gaule, semble-t-il, la notion de loisir fut un apport de la civilisation romaine. C'est que délassement et distractions publiques étaient incontournables à Rome et dans l'empire (en latin, le mot « loisir », otium, est d'ailleurs opposé au mot «affaires », negotium). Par ailleurs, la Gaule réserva un accueil tout à fait favorable à ces loisirs romains (théâtre, combats de gladiateurs, courses de chars, repas, usage des thermes.) Et si les adultes gallo-romains se délassaient, les enfants n'étaient pas en reste, comme en témoignent les nombreux jouets retrouvés par l'archéologie.

Petit détour par les jeux simples ou plus élaborés des jeunes Gallo-Romains d'il y a deux mille ans. Cet atelier plonge les enfants dans la peau d’un petit gallo-romain, leur faisant découvrir son univers de jeu et le rôle social de celui-ci. Quatre catégories sont mises à l’honneur et adaptées à l’âge des participants : les jeux d’éveil, d’adresse et de motricité, les jeux de chance, les jeux de stratégie et ceux de simulacre. Les points sont comptabilisés sur une tablette de cire, à la manière antique.

1. Les poupées

La poupée était le jouet par excellence de la petite fille. En bois, en os ou en terre cuite, la pupa était souvent articulée. En Gaule, les poupées devaient être en bois recouvert de tissu, car l'archéologie nous a livré très peu de matériel. Du mobilier, des dînettes, des vêtements pouvaient compléter le jeu (le Römisch-Germanisches Museum de Cologne conserve une panoplie d'assiettes et de gobelets miniatures découverts dans des tombes d'enfants).

2. Les hochets

Ce sont les jouets du tout-petit. Avec ou sans manche, la crepundia ou la crepitacula (crepare signifie « faire du bruit » et crepitare, « émettre un bruit sec régulier ») contenaient des billes ou comportaient des anneaux : le bruit était assuré ! Ce bruit était censé éloigner les mauvais esprits.

3. Les sifflets

Ils faisaient aussi du bruit et les mêmes pouvoirs que les hochets leur étaient attribués. Les sifflets se présentaient sous la forme de petits animaux en terre cuite percés de deux trous.

4. Les animaux

On retrouvait les animaux sauvages ou domestiques dans la panoplie des jouets gallo-romains. Ils étaient parfois montés sur roulettes, afin d'être tractés.

5. Les moyens de locomotion

Comme les grands, les petits garçons pouvaient utiliser un chariot tiré par un petit animal ou encore par un autre enfant.
Il existait même de véritables chars de course en miniature.

6. Les noix

A côté des jeux de balle, les jeux qui faisaient intervenir les noix étaient très nombreux. On disait même d'un enfant romain qui entrait dans l'adolescence qu'il « abandonnait les noix ». Si les noix étaient tellement en vogue à Rome, il est fort probable qu'elles le furent également en Gaule romaine, ne serait-ce que par l'abondance de ce fruit dans nos régions. Les règles de jeux ? A l'envi !
Prenons l'exemple du jeu du Delta. Deux joueurs se plaçaient à 2 ou 3 mètres de la base du delta et lançaient tour à tour leurs noix. Le chiffre inscrit dans les cases où tombaient les noix rapportait autant de points (la noix sortant du delta ne donnait aucun point et celle tombant sur une intersection ne valait que les points de la case inférieure). Il suffisait de comptabiliser les points obtenus.
Placez une jarre à la place du delta, remplacez, si vous le voulez, les noix par des cailloux, ou encore intensifiez les règles du jeu. et vous obtenez un passe-temps qui remporte encore aujourd'hui pas mal de succès !

7. Les jeux d'adresse

On a retrouvé des toupies et des yo-yo en bois. La forme de ces jeux n'a guère évolué depuis l'Antiquité.
Les enfants utilisaient également le sabot, cette grosse toupie actionnée par une lanière et aussi le cerceau.

8. Les jeux de table

Les jeux de hasard, les divers jeux de stratégie (les Latroncules, la Marelle, le Moulin, le Ludus duodecim Scriptorum, .) furent couramment pratiqués, comme l'attestent les nombreux pions, dés, tables de jeux découverts dans les fouilles. On peut supposer qu'il s'agissait de jeux s'adressant davantage aux adultes et aux adolescents qu'aux petits enfants Les puzzles étaient bien connus dans l'Antiquité. Celui dit d'Archimède proposait quatorze lamelles en bois ou en os, de formes géométriques différentes, qui pouvaient se combiner de diverses façons pour évoquer animaux, chasseur à l'affût, dame qui court.

Les dés romains étaient en tous points semblables aux nôtres, le total de deux faces opposées totalisant 7.

Le jeu du Moulin proposait un petit tableau circulaire ou encore d'un autre modèle, à trois carrés concentriques. Ce tableau était tracé sur le sol ou sur un tapis. Deux adversaires faisaient avancer à tour de rôle pièces, pions, cailloux, etc. jusqu'à ce que l'un d'eux parvienne à en aligner trois.

Les osselets (les astragales du mouton ou du bouf) étaient couramment utilisés dans les jeux. Ils pouvaient même remplacer les dés, car on attribuait une valeur différente aux quatre faces (deux sont étroites, deux sont plus larges). Le coup de Vénus signifiait un coup gagnant : les quatre osselets lancés s'immobilisaient chacun sur une face différente ; le coup du chien, en revanche, était un coup perdant, les quatre osselets s'immobilisant sur la même face.

Partir à la découverte de l'univers des jeux de l'enfant gallo-romain. Plaisirs garantis...

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