Malagne participe au micro-projet Interreg VALLUS

VALLUS : l’Ardenne Belge et Française, territoire d’origine de la moissonneuse gauloise

L’ancêtre gaulois de la moissonneuse, Vallus pour les romains, est connue par des sculptures et des textes mais reste un mystère scientifique qui pourrait être en partie résolu par une découverte de dents en fer réalisée par la Cellule Archéologique des Ardennes.

Le micro-projet VALLUS vise à expérimenter cette hypothèse, à la faire partager aux populations frontalières et à fédérer un réseau scientifique et de lieux culturels par-delà la frontière : la Cellule Archéologique des Ardennes apporte une nouvelle théorie scientifique à tester, Malagne, Archéoparc de Rochefort pratique l’expérimentation scientifique, le musée archéologique d’Arlon conserve une représentation de la moissonneuse et le musée de l’Ardenne de Charleville-Mézières a vocation à présenter au public les dents découvertes.

Ce projet, d’un montant de 30 000 € est financé à 100 % par le programme Interreg V France-Wallonie-Vlaanderen.

Aux origines du projet

Le projet Vallus fait suite à la découverte inédite d’un lot d’objets métalliques lors de la fouille du site romain de La Sauce à Warcq par la Cellule Archéologique des Ardennes, en 2013.

Le spécialiste du mobilier métallique romain qui a examiné ces objets a alors proposé l’hypothèse suivante : il s’agirait d’un lot de 12 dents de vallus, une caisse en bois montée sur deux roues, garnie à l’avant par des dents et à laquelle on attelait une bête de somme. Décrite par les auteurs latins Pline et Palladius, cette « moissonneuse » n’était présente qu’au sein des grandes exploitations agricoles du Nord de la Gaule, et plus particulièrement en Ardenne Belge et Française.

L’ensemble des indices historiques et archéologiques converge : les objets retrouvés à Warcq pourraient donc être des dents de vallus. Néanmoins, le seul moyen de valider cette proposition est de la tester.

Ainsi, de ce lots d’objet est née l’envie d’aller plus loin dans l’expertise et surtout de partager ces réflexions et découvertes avec le plus grand nombre. Cela s’est ensuite traduit en un micro-projet Interreg appelé VALLUS.

 

 

Les actions phares de VALLUS

Le projet Vallus a pour but de valoriser et développer de manière créative, innovante et durable le patrimoine transfrontalier.

Il se développera en 3 actions :

  • Les dents en fer seront reconstituées par un forgeron sous la coordination d’un archéologue. Cette hypothèse scientifique sera testée à Malagne, Archéoparc de Rochefort, qui possède une copie de vallus en présence de spectateurs, lors d’un événement faisant l’objet d’une communication transfrontalière.

Légende : proposition de restitution d’un vallus avec dents ferrées – dessin et hypothèse de M. Brunet

  • Une exposition sur l’agriculture gallo-romaine sera créée conjointement par les quatre partenaires du projet, en mutualisant leurs moyens et leurs réseaux. Elle sera présentée dans les musées de l’Ardenne à Charleville-Mézières puis d’archéologie d’Arlon. Cette exposition sera l’occasion de créer des supports qui resterons utilisables par les différents partenaires à l’issue du projet.
  • Une table ronde scientifique sera organisée autour de la thématique de l’agriculture dans le Nord de la Gaule. Cette journée réunira des chercheurs issus d’organismes de recherche situés des deux côtés de la frontière. Elle les invitera à présenter leurs découvertes, à échanger sur leurs méthodes, à se rencontrer et à nouer des contacts pérennes.

Les acteurs de VALLUS

Ce programme ambitieux ne pouvait être développé seul par la Cellule Archéologique des Ardennes qui a donc fédéré 3 partenaires autour de ce projet :

  • Malagne, l’Archéoparc de Rochefort qui s’attache à la mise en valeur d’un domaine de plusieurs hectares, centré sur les vestiges d’une exploitation rurale d’époque romaine, ouvert au public. Malagne a acquis la maitrise de l’expérimentation archéologique, notamment du vallus dont il possède une reconstitution ainsi que des terres cultivées à moissonner. Il sait partager cette démarche scientifique avec ses visiteurs.
  • le Musée Archéologique d’Arlon qui présente l’une des plus importantes galeries lapidaires d’Europe et conserve une des rares représentations du vallus. Ce musée possède les compétences nécessaires à la réalisation d’une exposition sur l’agriculture antique. Il est une institution d’accueil, de pérennisation et de diffusion des savoirs, à destination du grand-public.
  • le Musée de l’Ardenne de Charleville-Mézières qui a vocation notamment à présenter le mobilier archéologique issu des fouilles réalisées dans le département des Ardennes. Il possède les compétences et les collections nécessaires à la réalisation d’une exposition sur l’agriculture antique. Il est une institution d’accueil, de pérennisation et de diffusion des savoirs, à destination du grand-public et des publics empêchés grâce à ses collaborations avec l’association Valentin Haüy.

Les quatre partenaires, distants de quelques dizaines de kilomètres travaillent donc chacun sur le vallus. La mise en place d’une coopération transfrontalière permet de mutualiser les moyens, les points de vue et les idées pour porter un résultat plus ambitieux et le diffuser à l’ensemble du public, indépendamment de sa nationalité. Chacun dispose d’une spécialisation (médiation, expérimentation, recherche) et d’une partie des éléments qui doivent être mis en commun pour dépasser les réalisations existantes.

Ce partenariat vise à mettre en place une promotion croisée des équipements culturels et touristiques liés à l’archéologie, la fédération d’un réseau transfrontalier de recherche et de diffusion de la connaissance et l’intégration de l’histoire transfrontalière commune dans le marketing territorial de l’Ardenne.

 

Pour consulter l’appel à communication du colloque, c’est par ici…